Le travail sur le transgénérationnel
n'est pas nouveau. Bien des écoles de psychothérapies
y font référence, et depuis un bon demi-siècle
aux Etats-Unis, la systémie utilise entre autres les sculptures
pour cela. Remis au goût du jour par les constellations
familiales, cet outil a le vent en poupe aujourd'hui. Mais il
n'est pas utilisé que par les adeptes d'Hellinger, et depuis
des années, il est la base du modèle du tri dans
l'héritage familial.
L'aventure a commencé il y a une
quinzaine d'années maintenant.
La systémie comme base, les outils
PNL et éricksoniens en complément, le travail avec
des métaphores en spécificité, plus le travail
avançait, plus apparaissaient de nouvelles règles
concernant les sous-systèmes, et des stratégies
d'intervention mêlant l'ensemble. La colline aux aïeux
vint parfaire l'ensemble.
La boucle était bouclée.
L'héritage familial, culturel et social prenait une forme
unique, utilisable, performante et facilement intégrable.
Individus et systèmes sont en fait
deux planètes régies par les mêmes lois, principalement
autour du besoin d'établir des règles de fonctionnement,
des valeurs et croyances, et de la recherche d'un équilibre
et de solutions aux problèmes rencontrés. Les parties
d'un système ou d'un être humain appliquent ces lois,
soit au bénéfice du système, soit au bénéfice
de l'être humain, et de préférence des deux.
De même que, quand un être humain a des problèmes,
une partie de lui va l'exprimer à travers une maladie par
exemple, un système va l'exprimer en « mandatant »
une de ses parties, c'est-à-dire une personne, pour montrer
que quelque chose ne va pas. Mais celui-ci ne peut pas vraiment
agir seul. Il va donc se faire aider par ceux qui lui sont les
plus proches ou les plus aptes à entretenir, défendre
ou lutter avec lui. Pendant ce temps, les autres personnages du
système sont bien libres de vivre leur vie, de sauvegarder
l'espèce, ses valeurs, ses croyances, etc. L'équilibre
est préservé et cela devrait en principe satisfaire
l'ensemble. Sauf celui qui a été choisi et souffre
de cela. Il a souvent le mauvais goût de se rebeller et
de demander des comptes à son entourage, qui, à
ce moment là, ne comprend pas vraiment ce qui se passe.
Quand on le travaille à ce niveau,
tout circule à nouveau, des interactions naissent dans
tous les sens, les ressources se développent, les émotions
et comportements s'adaptent immédiatement. Puis on affine
avec la métaphore de la colline aux aïeux, sous hypnose
légère.
« Imaginez une colline, sur
laquelle se trouvent tous vos aïeux, et allez jusqu'au sommet
de la colline comme en distribuant tout ce qui représentait
ce qui semble être votre problème sous une forme
métaphorique.
Puis redescendez la colline tout doucement,
et commencez à recevoir de toutes petites choses très
agréables, qui se présentent peut-être à
vous sous forme de petites étincelles de lumière,
de douces mélodies ou de sensations diverses très
positives. Laissez faire ce phénomène et emplissez-vous
de tout ce qui est bon à prendre ainsi, comme si c'était
le cadeau de vie auquel vous aviez droit depuis toujours sans
forcément le savoir. Jusqu'à ce que vous ayez la
sensation d'avoir reçu de tous vos ancêtres ce qu'ils
avaient de meilleur à vous offrir, et que c'est à
vous, en vous, pour toujours »
Puis s'ensuivra un travail d'appropriation
et de futurisation avant d'en finir.
C'est un travail qui prend un certain temps,
plus d'une heure pour chacun. On a utilisé sculptings,
jeux de rôles, et PNL et hypnose chaque fois que besoin.
Mais cela ne s'arrête pas là, car le groupe permet
en plus de le rejouer à travers ce que les autres vont
nous demander dans leur propre évolution, d'ajouter des
richesses supplémentaires pour le moins étonnantes,
voire incroyables, au moins autant que les phénomènes
qui surgissent. Que touche-t-on alors ? Je ne sais, mais
bien des surprises ont lieu…
Mais les résultats ne seraient aussi
pas satisfaisants s'il n'y avait ce travail important autour des
ressources issues de la branche familiale où existait le
« nœud ». J'ai remarqué en effet
au fil des ans que les nœuds bloquaient non seulement les vraies
informations mais aussi et surtout les ressources les plus importantes
des générations précédentes. Les générations
suivantes, pour peu qu'elles n'aient pas eu la chance d'en hériter
par ailleurs, s'en retrouvent privées et développent
alors des comportements et croyances inadaptés à
la gestion de leur quotidien.
Le travail spécifique autour de
la colline aux aïeux permet à ces ressources de se
transmettre enfin, modifiant comportements et croyances de manière
souvent quasi instantanée, et ce de façon durable.
Inversement, constater que des ressources sont transmises au-delà
du nœud signifie que le problème n'est pas là, et
que le système familial a agité un épouvantail
face auquel on était déjà armé. Par
contre, cette piste étant fausse, un autre nœud a toutes
les chances de faire son apparition, et il a toutes les chances
d'être le vrai…
L'intérêt de ce modèle
consiste également dans le fait qu'on n'entre pas dans
un cadre rigide renforçant la croyance qu'on ne peut changer
qu'en souffrant. Faisant fi de cette définition où
le masochisme est de rigueur et la souffrance une valeur sure,
il est possible de découvrir qu'émotions et changements
peuvent être au rendez-vous conjointement, et que chacun
est en devoir, encore plus qu'en droit, d'accueillir la totalité
de son héritage positif.
Et d'en être ensuite responsable
en homme libre…
Mais ceci est une autre histoire…