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Historique de la thérapie familiale systémique

La première cybernétique :

Les travaux du biologiste Ludwig Von BERTALANFFY sur la description des lois cybernétiques des systèmes ouverts à l'équilibre ont constitué une source d'inspiration des plus fécondes des premiers thérapeutes familiaux systémiciens, en particulier ceux de l'école Palo Alto. Ils entreprirent de vérifier ces lois tirées du domaine biologique et physico-chimique puis de les appliquer au domaine de psychologie familiale. Les travaux de l'anthropologue BATESON, autre source féconde d'inspiration, leur permirent de réaliser des ancrages aux travaux de BERTALANFFY.

Ainsi la famille est appréhendée, sur le modèle physico-chimique, comme un système ouvert à l'état d'équilibre régi par des lois organisant son fonctionnement interne ; celui-ci pouvait parfois présenter des problèmes, des dysfonctionnements manifestés par le comportement symptomatique d'un de ses membres. Ces symptômes sont repérés sur les modes de la persistance et analysés comme ayant une fonction de maintien en l'état d'une situation par l'utilisation d'une solution n'entrainant pas de changements, ces derniers étant vécus par la famille comme dangereux pour son équilibre.

"Le thérapeute ... cherche ce qui ne va pas dans la famille pour comprendre la raison des échecs et montre ce qu'il faut faire pour que tout aille mieux..." (G. AUSLOOS)

La seconde cybernétique :

Des chercheurs, dans des disciplines différentes, comme PRIROGINE en chimie et physique, MATURANA et VARELA en biologie , VON FOESTER en cybernétique, permirent aux thérapeutes systémiciens d'envisager la famille et leur relation réciproque sous un angle nouveau.

MATURANA et VARELA, biologistes, mirent en évidence chez certains systèmes, des caractéristiques dites autopoëtiques (systèmes auto-organisés et auto-entretenus) se différenciant de systèmes allopoëtiques (systèmes pouvant être contrôlés de l'extérieur).

L'application de ces idées à la thérapie familiale permet d'envisager la famille comme un système autonome, apte à l'autogestion et à la création dans son rapport avec son contexte évolutif.

Elle demeure dotée de compétences pour régler la plupart des problèmes auxquels elle est confrontée. Ce qui fait dire à G.AUSLOOS qu'une famille ne pose que des problèmes qu'elle est capable de résoudre !

PRIROGINE, physicien, par ses travaux sur les systèmes hors d'état d'équilibre, permit aux systémiciens de s'affranchir du cadre trop restrictif de la théorie des systèmes de BERTALANFFY.

Il a mis en évidence, la capacité des systèmes à changer et à promouvoir d'autres formes d'organisations, lorsqu'ils étaient soumis à des perturbations internes ou externes. Ces systèmes parviennent, de manière imprévisible, à un nouvel état d'équilibre.

Appliquée à la thérapie familiale, ces conceptions permettent d'envisager la famille comme un système dont les interactions de ses membres sont telles qu'un changement intervenant au niveau de l'un d'entre eux se répercutera sur les autres. Ces interactions spécifiques ont une finalité précise au service de la cohérence et de l'existence du système.

H. VON FOESTER, ingénieur et mathématicien, a permis par ses travaux, de rendre compte des relations d'influence entre un système observateur et un système observé (concept de l'observation participante). Ainsi, il existe une implication réelle de l'observateur dans le système qu'il observe.

Dans cette perspective, le thérapeute familial systémique doit non seulement être conscient de son implication et son influence lorsqu'il est en relation avec les familles, mais du fait que cette implication constitue un atout.

La famille est un sytème dynamique, animé par les interactions internes et complexes de ses membres, et qui est confronté à des crises en relation avec son contexte évolutif (tant sur le plan socio-économique que sur le plan de la nature et de l'évolution de ses interactions). Certaines crises peuvent être vécues comme problématiques.

Le thérapeute n'est pas l'unique détenteur du savoir ; il le partage avec la famille. Sa fonction s'apparente alors non plus au réparateur mais plutôt à celle d'un facilitateur de communication, de recherche de sens, de création de solutions auprès de la famille. Il fait circuler l'information, ainsi BATESON dit : "L'information est une différence qui fait la différence..."

Cette implication du thérapeute, c'est celle par laquelle il exprime à la famille sa capacité empathique, sa volonté de s'approcher au plus près de la réalité émotionnelle de chacun de ses membres, puis de partager avec chacun d'entre eux ce qu'il a perçu de leurs émotions. M. ELKAIM parle du concept de résonance.

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